lundi 30 janvier 2012

Vouloir que son partenaire change…


Bien des conflits de couples naissent de la volonté de vouloir changer l’autre, et de la résistance que l’on peut opposer à cette volonté.

En effet, une petite voix intérieure nous susurre : « si elle m’aimait vraiment, elle ferait attention à ranger ses affaires pour que je me sente mieux chez moi, dans une maison ordonnée». Ou encore : « S’il tenait à moi, il m’accompagnerait à la patinoire le dimanche plutôt que de regarder une bête émission de tv ». Ou même : « Si il (ou elle) m’aimait toujours, il (elle) m’offrirait plus souvent des fleurs, ou m’inviterait plus souvent au restaurant », etc.

Nous avons tous une idée plus ou moins précise de ce que nous aimerions que l’autre fasse pour nous prouver son amour. Autrement dit, nous aimerions qu’il (elle) se comporte différemment pour garantir notre bonheur. Bref, nous voulons que notre partenaire change.
Or il est bien utile de se rappeler deux ou trois choses à ce sujet.

D’abord, nous avons choisi notre partenaire parce que certains éléments de sa personnalité correspondaient à des besoins que nous avions, ou que nous avons toujours. Ce choix est, la plupart du temps, inconscient. Mais lorsque nous nous donnons la peine de réfléchir aux raisons qui nous poussent dans les bras de celui ou celle que l’on aime, nous trouvons facilement ce qu’il (elle) nous a apporté, ou ce qu’il (elle) nous apporte. Nous l’avons donc choisi différent de nous pour d’excellentes raisons. Donc, même si l’ensemble de ses différences ne nous conviennent pas, même s’il n’a pas l’idée de nous offrir des fleurs pour nous prouver son amour, même s’il n’aime pas le patin à glace ou n’apprécie pas de sortir plus souvent, rappelons-nous combien ces différences sont respectables lorsqu’elles correspondent à nos besoins : être en sécurité, avoir confiance en un être solide, oser partir à l’aventure, ou que sais-je encore.

Ensuite, méfions-nous du fait que, à vouloir changer quelque chose qui nous gêne chez l’autre, nous risquons de changer beaucoup d’autres choses qui ne seront pas toujours agréables à vivre. Par exemple, notre partenaire plein de bonne volonté accèdera à nos exigences au prix d’un certain effort, qui lui coûtera certainement par ailleurs la patience qu’il pouvait déployer à notre égard : par exemple, s’il se met à ranger aussitôt toutes ses affaires pour vous faciliter la tâche, il cherchera ensuite à s’aménager un temps pour lui et ne sera pas disponible pour aider à la préparation du repas. Ou, s’il continue de vous aider par sens du devoir, il risque d’entretenir une mauvaise humeur dont vous souffrirez à un moment ou à un autre. Votre désir d’ordre a donc des conséquences sur l’ambiance de la soirée. Si ce scénario se répète quotidiennement, votre souhait de changer votre partenaire ne sera certainement pas positif sur tous les tableaux, et entretiendra une atmosphère conflictuelle pesante.

Rappelons-nous que, de son point de vue, nos différences peuvent aussi être parfois lourdes à supporter, et d’autres fois tout à fait nécessaires à son équilibre. Vouloir changer l’autre pour des raisons affectives amène le plus souvent une atmosphère conflictuelle sans apporter de solution à ses besoins propres. Au contraire, chercher ensemble des solutions pour répondre aux besoins de chacun, en s’abstenant de tout chantage affectif, permet le plus souvent de limiter les sources de tension.

Ce pourrait être, par exemple : m’accompagner à la patinoire une fois par mois, à condition que ce ne soit pas le dimanche matin consacré au repos ; ou alors, décider ensemble d’une sortie resto la semaine prochaine ; ou encore, profiter d’une sortie en commun pour entrer chez le fleuriste ; décider que le désordre est acceptable jusqu’après le repas du soir, de façon à se concentrer sur les bons moments de la fin de la journée, etc.

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