dimanche 25 mars 2007

L’Art de demander

Il arrive d’être déprimé lorsqu’on ne sait pas très bien quoi attendre de quelqu’un. Il nous appartient de sortir de ce malaise. En premier lieu, réfléchir à ses attentes (au besoin les écrire).

Quand nos attentes sont multiples, les hiérarchiser permet de mieux prendre en charge ses priorités (affecter par écrit un numéro à chacune de ses attentes, par ordre d’importance).

La règle d’or est de demander des actes concrets qui aboutissent à nos besoins.

  • Eviter d’être imprécis ou abstrait.
  • Dire ce que l’on veut plutôt que ce l’on ne veut pas.

    Utiliser la présence d’autrui comme un déversoir en lui parlant à tort et travers ou en se plaignant plus ou moins directement est néfaste à la relation. Pour que la conversation ait un sens, penser à toujours expliciter ses sentiments et/ou ses besoins et /ou sa demande.

    Si l’on pressent ne pas être tout à fait compris, il est utile de demander à l’autre de restituer ce qu’il nous a entendu dire : « Comme je ne suis pas certain de m’être bien exprimé, peux-tu me dire comment tu l’as compris… ? »

    Lorsque l’on s’adresse à un groupe, indiquer clairement quel type de retour nous souhaitons : bien savoir ce que l’on attend exactement de son intervention, et penser à le demander explicitement.

    Il est important de distinguer une demande d’une exigence. Quand on exprime une exigence, on ne peut accepter un refus : on réagira alors par de l’agressivité ou de la culpabilisation. Dans la demande, on accepte de recevoir un refus. On peut réagir ensuite avec empathie, avant de reformuler ses sentiments et ses besoins.

    Enfin, soyons bien conscient qu’exiger de l’autre qu’il soit conforme à ses normes induit critiques et reproches. Au contraire, une demande exprime avant tout son propre point de vue.

Victoire

A l'origine de la violence : le besoin de se défendre

A l’origine de la violence, il y a le besoin de se défendre.

On éprouve tous, à un moment ou à un autre, le besoin de défendre sa place. De l’enceinte familiale à l’organisation de la société, chacun cherche à trouver sa place.

Tout acte violent est un moyen de trouver sa place, en piétinant la place d’un autre. Le résultat (la violence) ne doit pas être confondu avec la cause (le besoin de faire sa place).

Nous avons coutume de dimensionner la vie en deux grandeurs : l’espace et le temps. Ce ne sont pas des données immuables qui s’imposent à chaque individu. Chacun dispose de l’espace et du temps lui permettant de définir sa vie.

Il n’est pas rare de s’entendre dire : « je n’ai pas le temps de … », ou : « je ne peux pas faire ça… ». Ce peut être la vérité en l’état actuel des choses, mais ce n’est pas exact si on change son propre ordre des choses.

Autrement dit, chacun dispose de sa propre dimension d’espace et de temps.

Ainsi, penser « je n’ai pas le temps de … » peut se transformer en : « ma priorité étant …, je prends le temps de … ».

Egalement, penser « je ne peux pas faire ça… » peut se transformer en « une bonne manière de parvenir à faire ça serait de procéder ainsi… ».

Il n’y a pas que les personnages célèbres qui ont le pouvoir de décider des évènements : chacun en a le pouvoir. Mis bout à bout, nos pouvoirs déterminent notre vie. Ne pas user de nos pouvoirs détermine également notre vie, et constitue une sorte d’abandon de pouvoir.

Or abandonner son pouvoir ne l'annule pas, mais le transforme en un autre pouvoir : celui que les évènements ont sur soi quand on décide de ne pas prendre le pouvoir.

Le pouvoir peut être synonyme de puissance. Et la puissance peut user de violence. Mais le pouvoir est aussi synonyme d’aptitude, de capacité, de droit, de latitude, de permission, de possibilité, de savoir, d’art, de charme, de crédit, de don, d’habileté, d’influence, de maîtrise, de valeur, d’autorité, de liberté.

Prendre le pouvoir en empiétant sur la place de l’autre, en exerçant sa puissance sur l’autre, en imposant sa décision sous violence, présente un inconvénient majeur : sa vie dépend de l’autre. Autrement dit : en l’absence de l’autre, on ne peut prendre sa place.

Au contraire, user de son pouvoir sur soi permet d’acquérir ce dont chacun rêve : l’indépendance. C'est-à-dire la faculté de conduire sa vie librement.

Etre indépendant ne signifie pas « être égoïste » ou « ne pas tenir compte des autres ». Etre indépendant signifie prendre des décisions conformes à ce que l’on ressent, dans le respect de soi-même et des autres.

Abuser de sa volonté pour faire plier les autres, ou mépriser sa propre volonté pour faire plaisir aux autres, relève du même acte de violence : dans le premier cas contre l’autre, dans le second contre soi-même. Dans un cas comme dans l’autre, nous utilisons notre pouvoir de façon malsaine.

Usons de notre pouvoir dans le respect de l’autre et de soi-même.

C’est un équilibre qui s’apprend, comme tout : avec de l’entraînement.

C’est un équilibre qui permet de diriger sa vie en toute indépendance.

C’est un équilibre que nous devons transmettre à nos enfants, par l’exemple et par l’éducation, pour leur permettre de diriger leur vie en toute indépendance.

Les règles et les apprentissages proposés sur ce blog sont ceux de la CNV : Communication Non Violente, exposée par Marshall B. Rosenberg.

Ce blog vous propose de reprendre le pouvoir de votre vie, dans le respect de vous et des personnes qui sont en contact avec vous.

Victoire