lundi 30 janvier 2012
Vouloir que son partenaire change…
jeudi 12 janvier 2012
Un état d'inquiétude nuit à la communication
En réalité, l'inquiétude nuit considérablement à la communication. On se trouve alors un état de conversation interne. J'étais sollicitée par moi-même : « où diable as-tu pu laisser cette carte ??? ». J'étais également, sûrement, occupée à me juger de façon pas très positive : « Qu'est-ce que tu peux être nulle à sans arrêt perdre tes affaires ! ». Je me concentrais aussi pour chercher à remonter le temps afin de trouver un indice : « Voyons, l'ai-je remise dans mon sac tout à l'heure en sortant de la boulangerie...? ».
Bref, tout ceci pompe énormément d'énergie.
Nous ne sommes pas toujours capables (quelque soit notre sexe...) de gérer de front deux conversations. Et si l'une de ces conversations est avec nous-mêmes, autrement dit si nous sommes en train de nous concentrer sur une inquiétude propre, ce peut être aussi difficile, et souvent impossible, de répondre à quelqu'un d'autre. Nos préoccupations entrent en conflit avec la demande d'une autre personne, et le résultat produit trop souvent un mouvement d'humeur, qui est une sorte de réflexe d'auto-défense.
La meilleure solution, lorsqu'une situation pareille se présente, est d'affirmer que nous ne sommes pas disponible pour le moment. En face d'un enfant, et même souvent en face d'un adulte, il est bon d'évaluer le temps de notre indisponibilité, afin de ne pas transférer bêtement le mouvement d'humeur sur notre interlocuteur. J'aurais pu dire, par exemple : « Attends, je ne peux pas te répondre car je suis en train de chercher quelque chose d'important et ça me préoccupe. Je pourrai te répondre dans 5 minutes. » Le temps pour moi de faire le tour des scénarios possibles pour ma CB. Ou, si c'est insuffisant, le temps de m'asseoir, de mettre mon inquiétude un instant ente parenthèse, pour pouvoir répondre à mon garçon.
Il arrive néanmoins que de graves sujets d'inquiétude nous « prennent la tête », ce qui est une expression tout à fait judicieuse et très explicite. De la même façon, savoir reconnaître son inquiétude permet de ne pas envoyer promener conjoint ou enfants en provoquant des situations conflictuelles qu'ils ne pourront pas comprendre. Il est facile de dire : « Attends, je dois faire face à une grosse inquiétude, et elle m'empêche d'être disponible en ce moment. Je ne peux donc pas te répondre pour le moment. » En face, nous mobilisons l'empathie de nos proches, plutôt que de provoquer le conflit.
Le plus difficile, par contre, reste de reconnaître que nous sommes dans un état d'inquiétude à un moment donné, et donc peu disponible pour nos proches.
Mais on peut s’entraîner ! Nous pouvons, par exemple, nous poser régulièrement la question suivante : « est-ce que quelque chose est en train de m'inquiéter ? » Si oui, demandons-nous si nous avons besoin de calme pour y faire face. Si nous répondons également par l'affirmative, nous saurons plus facilement parler à nos proches de notre indisponibilité provisoire. Ça marche très bien !
Victoire
lundi 9 janvier 2012
Le conflit non-violent
Pratiquer la communication non-violente ne signifie pas que nous devons être constamment zen. C’est même une erreur de le croire, tant il est vrai que le recours à cette méthode de communication se rappelle à nous essentiellement en situation de conflit potentiel.
La distinction entre les faits objectifs et les sentiments que les faits nous inspirent est importante surtout lorsque ces sentiments nous heurtent. En effet, lorsque notre ami(e) nous assure de son amour, nous entendons bien le message, et il nous touche profondément, mais rien ne nous pousse, à ce moment-là, à faire le distinguo entre ce qu’il (elle) exprime et le sentiment que cela fait naître en nous : ce n’est pas utile, et nuit au baiser. En revanche, lorsque notre ami(e) exprime un reproche et que nous réagissons en nous sentant moins aimé, il est utile de faire ce distinguo pour entendre son message et pouvoir y réagir.
Lorsque nous nous sentons moins aimé, nous ressentons de la tristesse, de l’orgueil blessé, éventuellement de la jalousie, toutes choses qui peuvent déboucher sur le conflit. Dans ces moments-là, nous ressentons le besoin de nous défendre. La violence ou le repli sur soi peuvent constituer des réflexes d’auto-défense. Ils ne sont pas appropriés car alors, chacune des parties s’enferme dans son monde propre, dans sa souffrance, et le conflit dégénère sans offrir d’opportunité rapide de compréhension mutuelle. La crise s’installe plus ou moins longuement, laissant souvent des séquelles parfois irréversibles.
Peut-être avez-vous déjà expérimenté l’impression de bien-être liée à la certitude d’avoir été compris. C’est très exaltant, et très comparable, en sens inverse, à l’intensité de la souffrance de n’être pas compris.
Le conflit est la scène de confrontation de deux êtres aux besoins différents. Mais il offre également l’occasion même de résoudre le différend, et non uniquement celle de l’accroître. Cette signification du conflit est très présente dans son étymologie chinoise, où ce terme signifie à la fois l’opposition et l’opportunité de coopération.
Il est fondamental de ne pas se détourner du conflit : c’est un état de fait. Le nier est une fuite dont on portera la tension dans l’avenir. L’affronter en livrant bataille à son interlocuteur laisse pareillement des traces, au moins jusqu’à la réconciliation (qui n’est pas toujours possible). Prendre acte d’un conflit, au contraire, permet de se positionner dans une attitude de résolution : nous ne sommes pas sur un champ de bataille, mais bien sur un terrain de désaccord. Et, même en cas de conflit important, le terrain de désaccord est toujours bien plus restreint et facile à cerner qu’un champ de bataille.
Reste ensuite à mettre des mots sur le désaccord. Ce n’est pas l’étape la plus facile, mais elle est considérablement facilitée par la conscience de l’existence d’un conflit, et de la nécessité de le résoudre pour avancer.
Victoire
lundi 2 janvier 2012
Distinguer demande et exigence
Nous entendons souvent, et c’est le cas pour la plupart d’entre nous, une exigence à la place d’une simple demande. Par exemple, lorsque votre conjoint vous demande : « Peux-tu venir m’aider s’il te plait ? », nous pouvons facilement entendre : « Je veux que tu viennes m’aider ». Cette exigence est d’autant mieux entendue, et parfois à tort, que l’on se sent coupable de ne pas venir aider.
A l’inverse, lorsque nous demandons à notre conjoint : « Peux-tu venir m’aider s’il te plait ? », nous pouvons formuler en réalité une exigence : « Il faut que tu viennes m’aider ». L’un des moyens de vérifier si nous formulons précisément une exigence ou une demande, lorsque nous nous adressons à quelqu’un, est d’apprécier les conséquences du refus : si votre conjoint répond : « Pas tout de suite » ou « Je ne peux pas », serez-vous irrité ? Si oui, vous pouvez en déduire que vous formulez, sous forme de question, une exigence.
Il est tout à fait dommageable que le langage parlé n’introduise pas davantage de différence entre une demande et une exigence. Même si l’on utilise le verbe « demander », il est probable que notre interlocuteur le prenne pour une exigence. Par exemple, si vous lui dites : « je te demande de venir m’aider », cela sera entendu comme un ordre. Vous pouvez diminuer ce risque, si c’est vraiment une demande que vous souhaitez formuler, en disant : « Je te demande si tu peux venir m’aider ». Mais, là encore, le terme de « demande » induit une forme d’exigence.
Pour corriger ce travers dans la communication, il faut d’abord prendre le temps de se repositionner par rapport à ses propres demandes. Assurez-vous, lorsque vous formulez une demande, de pouvoir toujours réserver un accueil bienveillant à un possible refus. Exercez-vous chaque jour à réfléchir avant de formuler une demande, pour bien la distinguer de l’exigence. Demandez-vous : « S’il (ou elle) me répond « non », vais-je pouvoir l’accepter sans dommage ? »
Si vous constatez que vous souhaitez effectivement formuler une exigence, utilisez systématiquement une affirmation, et commencez votre phrase par : « Je veux… ». Cette formulation sera adéquate pour vos enfants, par exemple, lorsque vous exigez d’eux quelque chose. Entre conjoints, elle semble moins souvent indiquée, mais elle peut s’utiliser néanmoins en certaines circonstances. L’important est alors de pouvoir justifier cette requête et son caractère impératif.
Il peut arriver que vous ayez un crucial besoin d’aide, mais ne souhaitiez pas imposer quoi que ce soit dans un rapport de force. Dans ce cas, utilisez une formulation qui permettra à votre interlocuteur de comprendre l’urgence de votre demande. Par exemple : « J’ai vraiment besoin d’aide maintenant : peux-tu venir s’il te plait ? ». Il faudra cependant, tout en formulant votre demande d’aide, réfléchir à la façon dont vous pourrez procéder autrement dans l’hypothèse où votre interlocuteur réponde par la négative.
Nous verrons, un autre jour, comment se sentir libre de refuser une demande.
Bien à vous, en vous souhaitant une excellente année 2012 pleine d’une communication riche et sans violence,
Victoire